Interview Alexis Pazoumian

 

BIO
Alexis Pazoumian travaille en tant que photographe et réalisateur. Les notions d’humanité, d’identité, de société et de territoire sont au cœur de ses sujets. Grâce à ses voyages, le jeune homme cherche toujours la proximité avec les habitants et plonge dans leur intimité en réalisant des reportages sur de longues périodes. En 2012, Alexis a décidé de vivre dans une favela à Rio de Janeiro pendant plusieurs mois. Il enseigne la photographie à des enfants et y réalise un documentaire sur le processus de pacification des favelas en vue des Jeux Olympiques de 2016 puis un reportage photo. Finaliste du concours étudiant photo-reportage « Paris Match », il réalise sa première exposition à Paris Par la suite, Alexis a réalisé divers projets sur le long terme à la Nouvelle-Orléans, en Arménie et encore plus récemment en Sibérie sur les problématique du réchauffement climatique. Alexis Pazoumian est membre du studio hans lucas depuis janvier 2016.

A propos de FAUBOURG TREME

NEW ORLEANS, USA / Dix ans après la catastrophe de l’ouragan Katrina, « Faubourg Treme » porte sur la vie quotidienne des habitants de Treme, quartier mythique de la Nouvelle-Orléans, berceau de la culture afro-américaine. J’ai décidé d’aller à la rencontre de ces habitants afin de les suivre dans leur quotidien. J’ai constaté que la musique était la clé de cette renaissance comme une porte ouverte à l’évasion face à l’hostilité de la vie. « Faubourg Treme », c’est donc l’histoire d’un quartier qui a survécu. C’est un hommage à la musique, art salvateur et d’émancipation pour ces habitants. Art qui s’est immiscé dans chaque aspect de la vie Art qui a permis à un peuple de vivre et de résister. Art dont la force se fait écho dans le regard de chacun et qui unie mes portraits.


INTERVIEW

« c’est un lieu intemporel, la musique se ressent à chaque coin de rue, allant de l’église Gospel aux enfants jouant de la trompette sur le pas de la porte. »

Quel est le point de départ de cette série ? Le moment ou tu as décidé de travailler sur ce sujet et pourquoi ?

Mon point de départ était Treme avec son église Baptiste ( Munt Zion baptiste church ) mais mon documentaire s’est déroulé dans plusieurs quartiers ( 9th Ward , Marigny, musician village etc.. ). Ce qui m’a donné envi de découvrir La Nouvelle-Orléans c’est avant tout parce que je suis amateur de Jazz et je suivais régulièrement des musiciens de la Nouvelle-Orléans. Durant mon séjour un musicien m’a conseillé de regarder cette magnifique série « TREME » réalisée par David Simon ( le réalisateur de The Wire ).  A chaque épisode je reconnaissais des acteurs, des musiciens que j’avais croisé le jour même, la veille à un concert, c’était vraiment incroyable ça m’a permit de m’imprégner très rapidement du lieu. Aussi, découvrir le quartier dans lequel est née le Jazz était impressionnant pour moi, c’est un lieu intemporel, la musique se ressent à chaque coin de rue, allant de l’église Gospel aux enfants jouant de la trompette sur le pas de la porte. Aux clubs de jazz et aux bars. La musique est partout et s’est insérée dans tous les aspects de la vie, elle s’est mélangée aux multiples cultures locales. Il m’arrivait régulièrement de croiser une fanfare d’école s’entrainant à défiler dans la rue pour se préparer à Mardi gras. Tous les habitants ont un lien plus ou moins direct avec la musique.

Au moment ou tu as pris ta décision tu peux me dire en résumé quelles sont les démarches personnelles et pratiques que tu as entrepris ? 

Pour être tout à fait honnête je suis allé à la Nouvelle-Orléans sans aucun contact, et très peu de préparation. J’avais une brève idée du sujet que je voulais aborder mais il fallait être sur place pour me faire une idée précise de ce lieux. Je fonctionne plutôt sur l’instant et l’instinct et je reste généralement de longue période justement pour prendre le temps de me faire des contacts, comprendre ou je suis et étudier mon sujet. Pour mon dernier projet en Sibérie j’ai essayé de l’organiser en amont cette fois-ci afin de gagner du temps. Aussi les démarches sont très compliqué pour la Russie et pour avoir accès a ces zones reculées. J’ai réussi à rentrer en contact avec l’alliance française, une université qui m’a logé en échange de quelques cours de photos etc… Donc dorénavant je procéderai de cette manière, le plus simple c’est de rencontrer des Français qui vivent sur place ou des organismes.

 Tes photobook favoris ?

-Bernard Hermann / Bon Temps roulés

-Stephen Shore / uncommon places

-Todd Hido  / Intimate Distance 

-Patrick Zachmann / So long China

J’aimerai sortir un peu de la photo et te parler cinema pour moi c’est important d’un point de vue personnel mais je ressens cette empreinte dans ton travail tu parlais de l’excellente série « Treme » est ce que le cinema a une influence ? 

Effectivement je suis un vrai cinéphile, en parrallèle de la photographie je suis aussi réalisateur depuis plusieurs années et je suis justement en écriture pour mon premier court métrage. Les films de Win Wenders ( Paris Texas ) ou les premier films d’Iñàrritu ( comme Amour Chienne ) m’inspire énormément dans mon travail de photographe. Mais aussi Stanley Kubrick, James gray, Akira Kurosawa, Milos forman, les premiers films de Scorsese ( The king of comedy, new-york new-york, Raging bull, Taxi driver ), Paul thomas Anderson, Copolla, hitchcock. Encore bien d’autres mais voici ceux qui me viennent à l’esprit en premier.

Pour finir as tu un projet une idée que tu as en tête si tu peux nous en parler même rapidement sur tes futurs envies et projets ?

Comme je le disais précédemment, je prépare un court métrage sur une communauté de gitan dans le sud de la France que je côtoie et photographie depuis quelques temps. Aussi ma nouvelle série photo documentaire porte sur une famille d’éleveurs de rennes en Yakoutie ( région de la Sibérie ), j’étudie l’impact du réchauffement climatique sur cette région a travers cette communauté.

Un livre est prévu début Octobre, la campagne de financement est en cours à soutenir ici:
FAUBOURG TREME


Interview Kalel Koven / In Frame

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